"Je voudrais mourir debout" écrivait Jean Ferrat. Mourir au soleil chantait-il, déjà, en 1967. Jean Tenebaum est mort. Il vivait à Antraigues-sur-Volane (près de Vals-les-Bains) en Ardèche, un lieu qui lui inspira la chanson "La Montagne". Jean Ferrat avait 80 ans. Il a été inhumé mardi après-midi à Antraigues.
..
Voir ou revoir la cérémonie
.
![]() |
Pour voir ou revoir la cérémonie hommage à Jean Ferrat à Aintraigues mardi après-midi, cliquez sur l'image |
Retrouvez l'artiste lors d'une rencontre rare samedi à 11h30 sur les antennes de France 3 Rhône-Alpes et France 3 Alpes.
Pour voir l'émission après sa diffusion, cliquez sur le lien situé en bas de l'article intitulé Rencontre rare avec Jean Ferrat samedi après-midi et choisissez Samedi 20 mars dans le menu.
Une immense émotion sur la place de la Résistance
... et une foule d'anonymes pour un dernier hommage.
|
La foule a accompagné le chanteur vers sa dernière demeure - reportage X.Schmitt, N.Ferro & S.Hyvon - 19/20 Rhône-Alpes - 16/03/10 - un clic sur la photo |
|
Antraigues en deuil et une foule d' anonymes pour un dernier hommage chanté à Jean Ferrat...
ci-contre les images ... |
"Sans discours, sans manifestation, dans la plus stricte intimité".
Plus de 5.000 personnes ont rendu hommage à Jean Ferrat en chantant en choeur "La Montagne", lors d'obsèques simples, sans messe, sur la place de son village d’adoption. Après l'arrivée du cercueil, entouré de la famille, peu après 14h30, le maire, Michel Pesenti, a lu à la foule rassemblée sur la place centrale, les dernières volontés du poète. Jean Ferrat voulait être enterré "aux côtés de son frère André" dans le cimetière municipal d'Antraigues-sur-Volane, "sans discours, sans manifestation, dans la plus stricte intimité".
Lors de la cérémonie publique, Pierre Tenenbaum, le frère de Ferrat, a souhaité parler de "l'homme" à qui des admirateurs du monde entier envoyaient des lettres adressées simplement à "Jean Ferrat, poète". Deux jeunes filles de la famille ont ensuite lu, "Que serais-je sans toi" d'Aragon. Un poème que Jean Ferrat avait mis en musique. Face au cercueil, déposé devant l'hôtel-restaurant "La Montagne" où des gerbes de fleurs s'étaient amoncelées depuis le matin, Francesca Solleville a ensuite chanté a cappella "Ma France" avant qu'Isabelle Aubret n'entonne "Que c'est beau la vie". Enfin, "La Montagne", écrite en hommage à ce paysage d'Ardèche, a résonné sur la place du village, avant que le corps de Jean Ferrat ne soit inhumé dans la plus stricte intimité.
|
Ils ont bien connu Jean Ferrat... |
Les admirateurs de J.Ferrat commencent à affluer
Dés mardi matin, la petite place d'Antraigues était noire de monde. La foule des admirateurs du chanteur disparu ont commencé à se masser au coeur du village.
|
Reportage de X.Schmitt, S.Hyvon & N.Ferro - 12/13 Rhône-Alpes Auvergne - 16/03/10 |
Les préparatifs de l'hommage civil rendu à Ferrat
Une cérémonie sobre est prévue sur la place du village d'Antraigues...
Des milliers de personnes mardi 16 mars dans le petit village ardéchois d'Antraigues pour rendre un dernier hommage à Jean Ferrat. L'organisation de la cérémonie est un véritable casse-tête logistique pour les autorités. Le village perché sera fermé à la circulation et les visiteurs devront emprunter des navettes au départ d'Aubenas ou Vals-les-Bains.
|
Les préparatifs du dernier hommage à Jean Ferrat - Reportage à la veille de la cérémonie par X.Schmitt & N.Ferro - 19/20 Rhône-Alpes - 15/03/10 |
L'artiste avait choisi Antraigues-sur-Volane
Jean-Ferrat avait élu domicile en Ardèche
|
Voir, ci-contre la nécrologie préparée par Olivier Denoyelle.
Documents France 3 Rhône-Alpes et INA. un clic sur la photo |
Les réactions attristées de son village
Jean Ferrat vivait à Antraigues depuis 1964. Les réactions dans le petit village ardéchois de 600 habitants.
|
Voir, ci-contre, le reportage de Xavier Schmitt et Nicolas Ferro - un clic sur la photo |
|
Emotion du maire d'Antraigues, invité du 19/20 Rhône-Alpes - 13/03/10 - |
Evocation d'un artiste engagé
Ferrat, artiste populaire et révolté
Jean Tenenbaum, futur Jean Ferrat, naît en 1930, à Vaucresson (Hauts-de-Seine). Il est le benjamin d'une famille modeste de quatre enfants élevés par un père joaillier et une mère fleuriste. Lorsque la Deuxième Guerre mondiale est éclate, son père est déporté. A 15 ans, il quitte le lycée pour travailler afin d'aider sa famille. Son attirance pour la musique et le théâtre se dessine très intensément.
Dans les années 5O, il entre dans une troupe de théâtre et commence à fréquenter des cabarets. Il compose quelques titres et devient guitariste dans un orchestre de jazz. Il passe des auditions, sans trop de succès, sous le nom de Jean Laroche. Cependant, il décide de se consacrer exclusivement à la musique.
En 1956, il met en musique un poème de Louis Aragon, "Les yeux d'Elsa". L'année suivante, il décroche un contrat dans un cabaret, La Colombe. Il fait alors la première partie de Guy Béart avec une autre chanteuse débutante, Anne Sylvestre.
En 1958, il enregistre un premier 45 tours. Une chanteuse, Christine Sèvres, interprète ses titres. Elle devient sa compagne, puis son épouse.
Grâce à celui qui deviendra son fidèle ami, Gérard Meys, l'artiste va enfin pouvoir se révéler au grand public. Cette rencontre lui permet de signer un contrat chez Decca. Puis en 1960, sort son second 45 tours. "Ma Môme lui vaut son premier véritable succès en radio. Sur le même disque, on trouve aussi un titre consacré à Féderico Garcia Lorca, poète espagnol auquel il consacrera d'autres textes et chansons. Ces deux titres illustrent les deux directions que prend l'oeuvre de Ferrat : amour et fraternité d'une part et lutte et refus de l'oppression d'autre part. Proche du Parti communiste, Ferra gardera toujours un jugement très critique vis à vis de l'Union soviétique. Cet engagement lui vaudra des ennuis avec la censure et les autorités.
|
Voir, ci-contre, la nécrologie préparée par Michel Vial (Rédaction nationale) |
un clic sur la photo
L'hommage de Hugues Aufray
L'hommage d'un Camarade et le souvenir laissé aux autres voix
Les réactions au décès survenu samedi du chanteur Jean Ferrat sont innombrables :
- Georges Moustaki : "C'était un homme engagé, mais il n'était pas un hurleur de sentences. il le faisait avec poésie... On avait la même philosophie, le même regard".
- Pierre Perret : "Jean Ferrat était l'un des grands de la chanson. Son oeuvre magnifique était en symbiose totale avec ce qu'il était. Il aimait les chansons frondeuses. Nos liens affectifs étaient très forts depuis tant d'années : on a galéré ensembleé".
- Line Renaud : "Nous perdons un très grand artiste. Jean était un auteur immense, un homme d'une gentillesse admirable avec de la tendresse plein les yeux et plein la voix. C'était un homme profond. J'ai beaucoup de peine. Son oeurvre est considérable avec une voix magnifique".
- Mireille Mathieu : "Jean Ferrat était l'un des mousquetaires de la chanson française. C'était un monstre sacré, comme Ferré, Brel et Brassens. Les chansons de Jean Ferrat resteront à jamais, comme "Aimer à perdre la raison".
- Michel Drucker : "Jean était un ami très proche depuis 45 ans. Il était le dernier des grands après Ferré, Brassens et Brel... Il y a des millions de gens très tristes ce soir : ceux qui sont engagés comme lui, ceux qui aiment la montagne, ceux qui aiment à perdre la raison, l'une des plus belles chansons d'amour. Jean Ferrat a quitté ce métier très tôt, dès 1975, dès qu'il a constaté qu'il devenait une industrie. il a fait de l'Ardèche son nid".
|
Ci-contre, le témoignage de Hugues Aufray recueilli quelques heures après l'annonce du décès. |
un clic sur la photo
Lire aussi














